Notre vie privée est essentielle

La vie privée est un enjeu de notre societe sans précedant. Au dela d’un point de vue mercantile de la protection de nos données personnelles, elle devrait etre une de nos préocupations majeures. C’est une chose essentielle qui n’est pas encore devenu un automatisme, tout le monde possede un smartphone dans lequel les GAFAM pioche allègrement et finalement on se dit pour se rassurer que je n’ai rien à cacher ou encore qu’il faudrait beaucoup de malchance pour subir d’éventuelles retombés. J’aimerai vous faire partage un extrait d’un article de ploum qui donne un exemple concret:

On entend régulièrement la formule « Celui qui n’a rien à se reprocher n’a rien à cacher ». Cet aphorisme devrait vous rassurer lorsque vous vous inquiétez de l’invasion des technologies dans votre vie. Je voudrais illustrer la tromperie de cette phrase au travers d’une anecdote réelle, vécue à une époque où Internet était si rare qu’on pouvait le considérer comme essentiellement inexistant. Un temps où les affres de la puberté trouvaient encore un exutoire sur les pages en papier glacé des magazines.   Adolescent dans une grande école catholique, je me fais un jour approcher par un condisciple. — Lio, il faut que je montre un truc trop drôle ! Ce camarade me révèle qu’il a trouvé, dans une revue porno, une photo ressemblant fortement à un de nos éducateurs. Intrigué, je demande bien sûr à voir la photo en question. Publiée dans la rubrique « courrier des lecteurs », elle représente un homme nu en érection. Contrairement aux autres photos de cette rubrique, le visage n’est pas flouté. Et la ressemblance est, il est vrai, frappante.   Éclatant de rire, nous avons vite fait de nous adjoindre une petite troupe goguenarde autour de la photo. Je remarque alors une chevalière très particulière et un pendentif en or au cou de notre exhibitionniste. Ni une ni deux, la petite troupe décide de passer « discrètement » devant le bureau des éducateurs pour vérifier et, stupeur, notre éducateur porte la même chevalière, le même pendentif. Il n’y a donc plus aucun doute. Quand on est adolescent, ce genre d’aventures est grisante. Mon condisciple prend peur et décide de ne plus montrer l’image. Après tout, il est coupable d’avoir emmené un magazine porno dans l’enceinte de l’école. Et tout le monde lui pose des questions sur la possession du dit magazine. De mon côté, intrépide et inconscient, je lui demande de me découper la photo et la fait passer sous le manteau dans l’école. C’est rigolo. Les élèves jasent. Le lendemain, l’éducateur n’est pas là. Il ne reviendra jamais. Cet éducateur avait-il quelque chose à se reprocher ? Non, il échangeait une photo où il apparaissait nu avec un public majeur consentant et demandeur. C’était tout à fait légal et on ne peut lui reprocher cela. Par contre, le magazine est arrivé dans les mains d’un lecteur non-majeur. La personne ayant permis cela est donc coupable car la photo, bien que parfaitement légale, mine l’autorité de l’éducateur. De plus, elle va à l’encontre des valeurs morales affichées par l’employeur. Deux raisons qui font qu’il était impossible de garder l’éducateur en poste. Il est donc important de souligner un point : le problème n’est pas que l’éducateur aie posé pour des photos pornographiques ni même qu’elles aient été publiées mais bien que les élèves subordonnés à l’éducateur en prirent connaissance. Ce n’est pas le fait ni l’information qui pose problème mais bien que certaines personnes particulières aient accès à cette information. La phrase « Celui qui n’a rien à se reprocher n’a rien à cacher » est donc fausse car ce n’est pas vous qui choisissez ce que vous vous reprochez. C’est le public qui a tout pouvoir pour décider ce qu’il va décider de vous reprocher. Afin d’illustrer la nécessité de la vie privée, on prend souvent l’exemple du régime totalitaire qui contrôle les citoyens. Mais, plus pragmatiquement, que penser de la relation élèves/enseignant ou employeur/employé ? ….

Et c’est là dessus que je voudrais rebondir, beaucoup d’employeurs profitent des réseaux sociaux ou plus simplement d’internet pour évaluer le profil des postulants ou encore avoir un suivi de ses salariés et à posteriori de ses représentants. Et même si personnellement on ne tweet, partage, like, diffuse rien sur les réseaux sociaux ou plus généralement sur internet, d’autre peuvent le faire pour vous. Combien se sont trouvés dans des situations délicates suite à des photos ou evenements partagés qu’ils auraient aimé gardé pour eux ? Voici une video de la quadrature du net qui généralise encore plus l’importance de la protection de notre vie privée.   Oui mais comment on fait? La quadrature du net a lancé « controle tes donnees » un site donnant des pistes et conseilles à suivre, il y a plus qu’a !

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