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Le récit des DA - La forestiere

Le 12 novembre 2022 / Aucun commentaire

La lumière des lustres faisait danser des ombres sur les murs de la taverne comme une farandole autour de sapin devant le fort Grommash lors des fêtes du voile d'hiver. Le Gobelin ramenait sur un plateau sans fioritures des biscuits tout chaud aux formes diverses comme des murlocs et autres bestioles d'Azeroth appréciées des enfants. La chaleur du foyer envahissait la pièce mélangeant les odeurs d'essence de bois brûlés avec les odeurs provenant de la cuisine, les enfants demeurèrent silencieux en grignotant leurs gourmandises. Tout le monde restaient attentifs à l'histoire qu'Eni continuait à raconter :

 

"Vous savez avant leur arrivée, j'étais une forestière comme tant d'autres, avec mon escouade, nous étions chargés de la surveillance des frontières éloignées. Nous avons vu le fléau s'implanter et transformer les terres humaines en Maleterres, nous avions fait part de ces changements inquiétants à nos commandants, mais nous n'avons jamais été pris au sérieux. L'orgueil de notre peuple rendait aveugle nos dirigeants sur cette menace. Nous savions que leur invasion était inévitable, mais malgré tout nous n'étions pas prêt à l'attaque fulgurante du fléau. Jamais nous avons connu ennemi pareil, des non-morts, des abominations et autres créatures que nous avions encore jamais vues. Nous avons bien essayé de faire face, tenter au moins de les ralentir pour laisser quelques un d'entre nous prévenir les autres. La puissance des chevaliers de la mort étaient quelque chose de vraiment inattendue pour nous et à plusieurs reprises leurs lames runiques ont emporté les nôtres d'un seul coup. Notre escouade a très vite été débordé. Ma troupe a été massacrée, j'ai fuis, j'ai avertis les autres groupes en patrouille, c'est tout ce que j'ai pu faire."

Parmi l'assemblé un petit garçon resta bouche bée en laissant tomber un morceau de gâteau. Eni reprit :

"Je reste persuadé que l'on aurait pu limiter nos pertes si nos avertissements avaient été pris au sérieux, mais ça les magistères n'en avaient que faire surtout de la part de forestiers. Quelle bêtise ! Jamais je ne leur pardonnerai et c'est aussi depuis cette période que j'ai pris mes distances avec tout ça. Peut-être en souvenirs de mes frères et sœurs, de mon escouade, j'ai continué depuis à vivre dans la forêt environnant Lune d'argent, sans vraiment y retourner. Tout ce que j'y voyais me remplissait de tristesse, ma belle cité était désormais en ruine et remplie de cadavre. Bien que certains survivants reprenaient possession de la ville, tous souffraient du manque. Les plus atteints étaient devenus des pantins à la recherche d'eux même alors que d'autres des déshérités. Quant à moi, je trouvais réconfort dans mes rondes journalières, et dans tous mes rituels que j'avais instaurés du levé jusqu'au couché. Je continuais seule mes patrouilles, je me nourrissais de ce que me donnait la nature, la faune et la flore étaient devenus mes sentinelles. Les jours passaient et se succédaient, toujours à l'affût, j'observais le moindre signe, le moindre changement. Par exemple, si un buisson prenait une forme différente ou une branche cassée était tombé depuis mon dernier passage, alors les voyais. Le Bois des Chants éternels était ma nouvelle demeure. Et il n'y avait pas que moi qui changeait, la faune s'adaptait aussi. Je pouvais observer de nouvelles trouées, je voyais de nouveaux sentiers apparaitre. Même une simple piste ne restait pas inaperçu à mes yeux. Cette communion avec la nature m'a beaucoup aidé à supporter le Manque. Parfois j'avais l'impression que je partageais une partie de ma souffrance avec les animaux qui me suivaient dans mes journées".

Le même petit garçon, demanda "tu peux te transformer en hibou ou en arbre comme ma maman quant elle nous soigne ?"

"Non, elle n'est pas une métamorphe comme les druides, lui répondis Sig. Sa connexion avec la nature est essentiellement lié avec les animaux, elle est capable de pister un lapin d'Orneval jusque dans le carré d'Ungoro mais incapable de faire appel aux pouvoirs de la nature". "Mon papa lui il fait appel à la lumière, dit fièrement le petit garçon".

La cheffe continua "Non je ne suis pas un druide, mais il est vrai que mon lien avec les animaux est particulièrement développé même pour un chasseur comme moi. D'ailleurs, je ne saurai jamais si c'était dû aux effets du Manque ou de mon isolement dans les bois, mais ce lien avec les animaux augmentaient de jour en jour. À un point que je n'avais jamais atteint auparavant, par moment j'entendais ce lien avec certains d'eux comme avec les mammifères. Je voyais leurs pensées enfin, ce n'est pas simple à expliquer, ".

Un Tauren au fond de la salle s'exclama avec enthousiasme "Oh, mais Eni, nous ne savions pas que tu pouvais parler avec les animaux. Nous avons toujours voulu savoir ce que nous disait Pixel lorsqu'il nous réveillait le matin en nous aboyant dessus". Eni regardait tendrement ce couple et répondit avec patience "Je ne leur parles pas vraiment. On peut dire que je devine sur le moment leurs intentions et j'arrive à transmettre les miennes avec certains qui me sont très proches. Quant à votre Corgi, pas besoin d'avoir de lien pour deviner qu'il vous réclame des câlins ou de la nourriture. Non, ce n'étaient pas des pensées comme nous autres, nous le concevons, mais plutôt des successions d'images, de sons, ou d'odeurs et parfois un peu tout ça à la fois. Évidement isolé ça n'avait aucun sens, mais étonnamment mis bout à bout ces successions prenaient un sens. Il serait difficile de retranscrire avec des mots ses échanges. Elles sont tellement différentes de par leur nature, que l'on prendrait beaucoup de temps pour tenter de le faire sans jamais vraiment y arriver. Comprenez bien que ces échanges ne permettent pas vraiment de débattre ou de tenir un dialogue, il faut les voir comme un transfert d'émotions. Un échange de ressentis teintés de couleurs. Mais avec tellement de nuances que nos yeux ne pourraient pas les distinguer sur la palette de couleurs traditionnelles".

L'écureuil qu'Eni avait ramené avait pris une couleur pastelle signe qu'il s'était apaisé depuis le début de soirée, elle le caressa et continua : " Oui avec le recul je suis persuadé que cette communion m'a sauvée du Manque. Enfin jusqu'à ce que je ne découvre les herbes du Bosquet. Je me souviens de ce jour comme si c'était hier. Je faisais une ronde proche des Terres Fantômes, une toute nouvelle piste que j'avais repérée la veille m'intriguait sans vraiment savoir pourquoi et j'étais partie pour en savoir un peu plus. Le soleil était au deux tiers de son trajet, je me déplaçais sans faire le moindre bruit, tous mes sens en éveil. À chaque pas, je sentais l'humus sous mes pieds nus, les odeurs de sous bois à cette période de l'année. Par endroits quelques rayons de soleil déchiraient la canopée et me réchauffaient le dos.

Quand tout d'un coup, l'oiseau qui me suivait depuis le matin s'envola et un cri de souffrance résonna dans ma tête. Une douleur que mon corps ne ressentait pas inonda mon esprit puis rapidement la peur la remplaça. Je tremblais sous l'impact de ce Lien et j'avais du mal à garder le fil de mes pensées. En observant les comportements des animaux autour de moi, j'ai pu déduire la direction d'où provenait cette onde de souffrance. Ce fut la première fois que ce Lien me bouscula à ce point, mais ce n'était pas le moment de réfléchir, je devais savoir ce qu'il se passait. La distance était plus grande que je ne le pensais, j'avais perdu le Lien sur le trajet et j'ai mis un certain temps avant d'arriver sur place. Une fois les lieux atteint, je m'étais retrouvé sur la piste mystérieuse, et là en pleine forêt, des traces de sang. Un grand silence régnait, les animaux alentours c'étaient enfuit. Il n'y avait pas de traces d'affrontement, l'attaque à été rapide et brutale. Je pris ma dague en main. J'attendais quelques minutes pour m'assurer que la menace avait disparu. La tension retomba et j'observais de nouveau les alentours, il y avait quelques grandes empreintes, mais elles étaient toutes superposées qui les rendaient illisibles. Rapidement je découvris une trainée de sang que je décidai de suivre. Elles m'emmenèrent dans un bosquet un peu à l'écart de tout. Des ronces noires l'entourait formant des remparts naturels. Les défenses de ce bosquet le rendaient difficilement accessible, mais je parviens à les franchir malgré tout. Là, gisait le corps d'un sanglier, un mâle sans aucun doute vu sa taille. Il avait réussi à se réfugier dans ce bastion végétal, mais les blessures lui ont été fatales. De profondes entailles se dessinaient sur ses flancs. Il fallait une grande force pour transpercer ce cuir pourtant connu pour sa robustesse. Je ne connaissais aucun prédateur qui auraient pu faire ça".

Une voleuse dans l'assemblée pensa tout fort "hmm un beau cuir comme ça quel gâchis, mais même avec de profondes marques on peut en tirer quelques pièces d'or facilement".

Eni continua comme ci de rien n'était "Oui trouver un sanglier mort comme ça m'intrigua, car il ne fut pas dévoré par son bourreau. Et d'autant plus étrange qu'il fut le premier d'une série, par la suite j’ai trouvé des chevreuils, des lapins tous morts ou déchiquetés par le même prédateur qui ne s'en nourrissaient jamais. Mais ce qui me laissa perplexe encore plus ce fut le bosquet en lui-même.

Là, quelque chose me paraissait à la fois différent et à la fois non. J'ai mis du temps pour comprendre cette sensation contradictoire. En réalité, j'étais tombé dans le seul bosquet des terres fantômes qui n'avait pas subit de changement à cause du chancre qui se répandait depuis les Maleterres. Ici rien n'avait évolué malgré tout ce que se passait dans la région. J'ignore pourquoi, peut être une source de magie inconnue, la disposition des arbres millénaires, l'influence du puits solaire quoi qu'il en soit dans cet écrin se passait des choses peu naturelles. Même les insectes qui sont habituellement les premières victimes aux subtiles perturbations de leur environnement n'avaient pas changés. C'est alors que j'ai eu l'idée folle de cueillir quelques plants, les plus beaux pour me faire des décoctions dans l'espoir moi aussi de résister, de résister au Manque. Il m'a fallu plusieurs essais pour déterminer un dosage efficace et y parvenir. Pour cela, je suis revenue plusieurs fois dans le bosquet et la piste mystérieuse avait disparu quelques jours après".

Un jeune troll demanda "C'était qui le méchant qui les a toué ? "

Eni posa sa main sur Sig et répondit au curieux “Je ne le savais pas encore, mais ce prédateur a changé ma vie”.

Classé dans : Récits / Mots clés : aucun

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